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Comprendre la biologie / Par la communauté

L’histoire d’un ver qui devint une Hydre en allant dans l’espace

Héraclès avait pour mission de tuer l’Hydre de Lerne. Il s’agissait de l’un des douze travaux qu’Eurysthée lui avait ordonné d’accomplir afin d’expier le crime d’avoir tué sa femme et ses enfants.

L’Hydre est un monstre à multiples têtes. Comme il y a différentes versions sur leur nombre, on dira qu’elle en possédait une centaine, pour faire bien mythologique. La tête du milieu (la tête, pas la terre) était la seule immortelle.

Quand Héraclès en coupait une, une nouvelle tête repoussait à la même place, voire deux. Notre héros a dû se faire aider par son neveu Lolaos pour brûler et cautériser les plaies des têtes tranchées afin qu’elles ne repoussent plus, et couper la tête principale pour tuer l’Hydre.

Pourquoi ce speech sur l’Hydre au fait ?

Parce qu’il est toujours passionnant de parler d’une légende mythologique et aussi parce qu’on a découvert récemment qu’un organisme vivant pouvait être doué de cette même capacité que l’Hydre.

Il s’agit du ver Dugesia japonica. Connu pour sa résistance à certaines bactéries et sa grande capacité de régénération. En effet, si ce ver est coupé en deux, on obtient deux vers. D’où le qualificatif d’immortel qui lui est attribué.

Ce qui est étonnant, c’est qu’après un séjour dans l’espace, un ver amputé (sur Terre) de la queue s’est vu poussé une nouvelle tête. Plus étonnant encore, c’est que cette caractéristique a persisté. C’est-à-dire que quand le ver à deux têtes a été coupé en deux, il en est résulté deux vers à deux têtes. Heureusement qu’il est inoffensif. Sinon on aurait été obligé d’appeler à l’aide le neveu Lolaos afin de cautériser les plaies et éviter la régénération.

(A) Schéma du ver envoyé dans l’espace. (B) Le ver à double tête après régénération. (C) (D) Gros plans de chacune des deux têtes.

Pourquoi est-ce intéressant ?

1. Parce que ça permettra d’apporter plus de lumière sur l’influence de la gravité, ainsi que celle du champs magnétique terrestre sur les organismes vivants. D’autant plus que l’être humain, lassé de sa planète Terre, projette d’aller conquérir l’espace.

2. Parce que le génome de Dugesia japonica est plus proche de celui des vertébrés que le génome de la mouche Drosophile très utilisée dans les recherches génétiques.

Et 3. parce qu’obviously, ce truc de la régénération est ouf ! N’étions-nous pas tous fascinés par Piccolo et son nouveau bras quand l’ancien lui avait été arraché lors d’un combat ? Et si c’était possible un jour que l’être humain en soit capable aussi ?

Mais d’abord …

Plusieurs éclaircissements doivent être faits. Notamment sur l’endroit exact où le ver a acquis cette nouvelle capacité de régénération, lors du voyage ou lors de son séjour dans l’espace ?

Ainsi que sur d’autres observations faites sur le comportement de l’animal. Comme quitter la pénombre et passer plus de temps dans la lumière, alors que normalement il a tendance à passer plus de 95 % du temps dans le noir.

10 Commentaires

  • Avatar
    Alaet
    28 juin 2017 à 16 h 51 min

    Génial ! Très intéressant, et toujours aussi agréable à lire Tinga ! A quand le prochain 🙂

  • Avatar
    laurefranquelin
    28 juin 2017 à 21 h 05 min

    Article littéralement intéressant, vive les sciences et leurs auteurs 😉

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    Céline De Luca
    29 juin 2017 à 18 h 18 min

    Ce que j’aime les histoires de biologie … C’est vraiment très intéressant de pouvoir se pencher sur l’influence de la gravité, surtout d’une telle influence sur un organisme. Encore tellement de choses a découvrir dans le domaine… Tres bon article !

    • Avatar
      tingascio
      30 juin 2017 à 12 h 26 min

      Merci Céline ! 🙂
      Ce genre de découvertes est effectivement très fascinant. Vivement la suite !

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    Edgar
    29 juin 2017 à 18 h 45 min

    Bonjour,
    merci pour cet article ma foi très intéressant !

    Nous avons depuis plusieurs années des progrès à la fois phénoménaux et incompréhensibles pour ce qui est de la compréhension de l’Être. Entre les artémies, les tardigrades, les blobs, et toutes sortes de petites bestioles davantage proches de nos super-héros que de leurs congénères, nous avons de quoi apprendre des autres…

    C’est fascinant, et ça l’est au fur et à mesure que l’on en découvre ; notre monde est incroyable !
    Merci encore pour cet article !

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    André
    29 juin 2017 à 20 h 26 min

    Bravo !!! Vivement les expériences sur les doigts. 😀

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