Venez vous abriter, je vais vous vacciner

Par la communauté 7 juillet 2017

Venez vous abriter, je vais vous vacciner

Certains ont peut-être entendu parler d’une critique sur les vaccins, le fait qu’ils provoqueraient l’autisme et autres maladies dégénératives. Et bien justement, cela tombe bien car aujourd’hui nous n’allons pas du tout en parler. Je vous invite cependant à vous documenter avec les publications scientifiques explicatives ayant répondues à ces allégations. Mais savez-vous comment se propage une maladie et quel est le rôle des vaccins ? C’est ce que nous allons voir !

Cet article sera très dense et sera par conséquent divisé en une première partie simple et intéressante et une seconde partie, indépendante, un peu plus poussée mais très détaillée se basant sur la simulation informatique d’une épidémie et la simulation d’intempéries (article à venir). Certes, cela peut sembler fou mais rassurez-vous, nous sommes tous en bonne santé dans ma tête.

Propagation des maladies

Maladie vient de “male habitus” qui veut dire “mauvais état” dans la langue de César. Les maladies peuvent toucher à peu près tout ce qui est vivant, plantes comprises. Même ce petit organisme unicellulaire qui se balade innocemment peut être touché par un virus par exemple. L’étude des causes des maladies est l’étiologie. Attention : le jeu Plague n’est pas considéré comme des études de médecine. Vous noterez qu’il est parfaitement possible d’avoir une maladie sans symptôme (la maladie est en vous mais ne vous cause aucun mal. Ce genre de maladie est très pernicieuse : si elle mute et développe des symptômes alors qu’elle est déjà en vous… Bah c’est dommage !).

Les maladies peuvent être contagieuses. L’infectiologie étudie leur transmission. Celle-ci n’est pas nécessairement interhumaine. Typiquement, le tétanos ne peut être transmis entre deux personnes. Parallèlement, certaines maladies ne sont même pas transmissibles, comme la trisomie (ce qui est plutôt logique vu que la maladie est génétique).

Virus

Les principales voies de transmission des bactéries (petits organismes vivant unicellulaires et procaryotes) et des virus (très largement plus petits que les cellules, acaryotes donc sans noyau et même pas vraiment vivant) sont :

  • les voies respiratoires : toux, éternuements. Cette voix est extrêmement efficace pour se propager.
  • les voies digestives : ingestion. Cette voix est propice à la nourriture infectée.
  • contact physique direct : muqueuses (bouche, sexe, œil), plaies.
  • contact physique indirect : poignée de porte, clavier. Cette voie est bien entendue effroyablement efficace et il est difficile de s’en prémunir.
  • autres vecteurs : piqûres/morsures d’insectes, morsures d’animaux sauvages…

En bref, les 3 différents lieux d’entrée d’une maladie sont les voies respiratoires, les voies sanguines et les voies orales (la plupart des points annoncés précédemment finissent dans un de ces systèmes).

Quelques éléments de vocabulaire effrayants que nous aborderons :

La prévalence est le nombre de personnes infectées dans un lieu donné. L’incidence est le nombre de personnes touchées par unité de temps dans un lieu donné. C’est le nombre de nouveaux cas de maladie.

Si une maladie est normalement présente en un lieu, que des personnes sont régulièrement touchées, on parle d’endémie (incidence positive et stable). Si le nombre de contamination augmente rapidement pour une maladie, on parle d’épidémie (incidence élevée). Et comme les maladies sont rarement racistes, une épidémie qui passe une frontière et s’installe dans un autre pays s’appelle une pandémie (hausse de la prévalence).

Et le vaccin dans tout ça ?

De façon très grossière, il s’agit d’une injection de l’antigène d’une maladie pour que votre corps puisse se défendre. Un antigène est un peu un mode d’emploi d’autodestruction que portent la plupart des organismes.

Il s’agit d’un activateur des défenses immunitaires spécifiques (ciblées contre un seul type de microbe par exemple). Une fois une maladie vaincue (la varicelle par exemple), vos défenses immunitaires, grâce aux lymphocytes B, gardent l’antigène qui leur permettra d’être ultra efficaces contre la maladie si jamais elle essayait de revenir.

Lymphocyte T entouré d’antigènes pour reconnaître ses “ennemis”

D’ailleurs, c’est pour cela que les virus sont très difficiles à combattre : ils mutent très souvent. Par conséquent, l’antigène que vous aviez… n’est plus à jour ! Pour information, un tout petit antigène s’appelle un haptène.

Le vaccin consiste donc à vous injecter ce mode d’emploi pour une certaine maladie. Votre corps conserve ensuite ce mode d’emploi plus ou moins longtemps (il peut s’en débarrasser si l’utilité est nulle). Ce qui explique la nécessité de faire un rappel, votre corps conserve ainsi ses défenses acquises.

Mais les adjuvants, c’est quoi ça ?

Globalement, vous n’allez pas à la poste tous les jours mais seulement si vous avez un colis à aller récupérer… Tout comme la police n’est pas dans toutes les artères de la ville. Et bien, à part aller chercher les enfants à l’école, les cellules immunitaires obéissent aux mêmes règles : elles ne sont pas partout et ne se rendent en un lieu qu’en cas de besoin. En soi, l’antigène n’est pas dangereux, elles n’ont donc aucune raison de venir vous défendre. Les adjuvants activent le système immunitaire de sorte à ce que les cellules concernées se concentrent au niveau de l’antigène. Bravo vous êtes défendu et avez retenu une nouvelle maladie : celle du vaccin.

La rapport avec la pluie ?

Non je ne vous ai pas menti, il y a bien un rapport ! Imaginez que vous vous promenez avec un(e) ami(e) et que le ciel devient capricieux. Mais vous n’avez pas de parapluie ! Dans sa générosité infinie, la personne à côté ouvre le sien et vous laisse vous abriter. Vous commencez à voir le truc ? Imaginez maintenant que vous n’avez jamais votre parapluie et que vous êtes toujours à côté de quelqu’un qui en a un. Pouvons-nous dire que le parapluie est inutile ? De votre point de vue oui, mais pourtant à cause de ce raisonnement biaisé, si d’autres pensent la même chose, plus personne ne le prendra et alors vous êtes tous trempés !

Vaccination : Ça marche
Hey les gars ! Je ne sens pas une seule goutte. Pourquoi fait on fait ça déjà ? Rangez juste vos stupides parapluies, c’est mauvais pour vos bras de toute façon.

De même, si vous n’êtes qu’avec des gens vaccinés contre une même maladie (n’importe quel vaccin obligatoire) mais que vous êtes le seul à ne pas être vacciné alors il n’y a presque aucun risque ! Pourtant le raisonnement est identique : si d’autres personnes en font de même alors la maladie pourra de nouveau se propager. Par conséquent, ne pas se faire vacciner, ce n’est pas qu’un choix personnel sans incidence mais une décision qui peut être dangereuse pour tout votre entourage et notamment les personnes dans l’incapacité de se faire vacciner. Ces dernières personnes comptent sur la vaccination des autres mais ceci n’est valable que si une très grande partie de la population est vaccinée (cf Article de simulation).

Je vous invite à regarder cette vidéo si vous voulez vous faire votre propre avis sur la thèse Antivax.

Conclusion

La vaccination est importante mais ce n’est pas seulement pour vous. Sans vaccin, de nombreuses maladies auraient très certainement engendré bien plus de victimes.

N’oubliez pas de revenir dès que l’article de simulation informatique sera terminé pour découvrir informatiquement ce qui se passe lorsqu’une maladie est lancée dans une population plus ou moins vaccinée !

En deux mots : Passionné, Curieux. J'adore les sciences, surtout la physique et la biologie. Idéalement, j'aimerai bien plus m'intéresser aux neurosciences afin de mêler mes passions.
1 commentaire
  1. Chaprouge

    Ton article devrait être lu par toutes les mamans ,peut être le présenter dans les maternités pour sensibiliser les gens du risque encouru sans vaccination.

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