La plus grande idée reçue sur la manipulation et le bourrage de crâne

Mentalisme 25 juin 2011

La plus grande idée reçue sur la manipulation et le bourrage de crâne

On dit souvent que pour faire changer d’avis quelqu’un, il faut lui “bourrer le crâne”. Qu’il faut  lui injecter de nouvelles idées. C’est faux.

Le bourrage de crâne fonctionne parfois, dans le cadre d’un apprentissage. Un professeur peut faire apprendre une leçon par cœur à ses élèves en leur bourrant le crâne.
Pour la manipulation des idées, le processus est complètement différent. Vous ne ferez jamais changer d’avis quelqu’un en lui bourrant le crâne.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas nos pensées, notre éducation ou nos croyances ou nos idées qui influencent nos actes. Bien au contraire : ce sont nos actes qui influencent nos idées, nos croyances et nos pensées. L’individu rationalise ses comportements en adoptant après coup des idées susceptibles de les justifier. En  clair : j’agis puis j’affirme mes idées en fonction de mes actes. Pas l’inverse.

C’est le principe même de la théorie de l’engagement dont je parle très régulièrement sur le blog. Lorsque vous souhaitez obtenir quelque chose de votre interlocuteur, amenez-le à faire une petite chose pour vous. Puis une autre. Puis une autre. Jusqu’à ce qu’il accomplisse la tâche que vous souhaitiez réellement lui faire accomplir.

Un commercial assez habile vous vend un téléphone dernière génération dont vous n’avez probablement pas besoin. Pour rationaliser cet achat, vous allez inconsciemment chercher des arguments qui justifient cette dépense. En fait, vous allez chercher des prétextes. “Mais si, j’ai besoin de ce téléphone pour lire les mails et gagner du temps etc.

A ce propos, certains sociologues vont même jusqu’à dire que les publicités que l’on voit partout autour de nous ne servent pas à appâter de futurs acheteurs, mais plutôt à conforter les acheteurs d’hier dans les choix qu’ils ont fait. C’est une façon de penser intéressante qui remet en cause beaucoup de choses, n’est-ce pas ?

Soyez vigilants, non pas aux messages qui vous arrivent, mais plutôt aux choses que l’on vous fait faire. C’est par là que commence tout processus de manipulation.

En URSS, ce n’est pas en écoutant les messages de propagande que les enfants en sont venus à vénérer Staline dès leur plus jeune âge. C’est en faisant des dessins à l’école, en écrivant des poèmes en son honneur et en chantant des chansons qui le glorifiaient.

Si vous souhaitez faire changer les habitudes de quelqu’un, n’insistez pas, ne lui cassez pas les oreilles en lui rabâchant les même arguments à longueur de temps. Trouvez un moyen de le faire agir. Bien sûr, il faut au final que la personne y trouve son compte.

Exemple. Il y a plusieurs années, ma compagne refusait catégoriquement d’acheter un téléphone portable. J’ai décidé de lui en acheter un en cachette, et de lui dire qu’un ami à moi me l’avait donné parce qu’il ne lui servait à rien. D’abord récalcitrante, elle a fini par l’utiliser ponctuellement. Petit à petit, parce que je l’appelais régulièrement sur son portable, elle a fini par l’accepter… et a même dépensé 300€ dans un nouveau modèle peu de temps après.

Nos actes influencent nos idées, pas l’inverse.

PS : si vous voulez des techniques mentalistes beaucoup plus poussées, regardez le livre que j'ai écrit sur l'art de la manipulation mentale et le mentalisme.

Apprendre le mentalisme et la manipulation mentale

Auteur turbulent, et fondateur de l'Institut Pandore. Je me lasse de tout, sauf d'apprendre et de dire des gros mots. J'écrivais sous pseudonyme (Félix Boussa et Charles Cohle).

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14commentaires

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1

Bonjour,

J’ai remarqué, souvent, que les actes précèdent la réflexion. J’ai souvent demandé : “pourquoi tu fais ça ?”, et j’ai bien vu que la (les) personne(s) impliquée(s) réfléchissai(en)t (et que, donc, elle(s) ne l’avai(en)t pas fait avant d’agir. Et cela très souvent. Justifier ses actes passés est l’une des rares disciplines ou je vois mes contemporains faire appel au maximum de leurs possibilités cognitives, mais cela passe souvent par le mensonge et la mauvaise foi.
Pour ma part, la plupart du temps, j’agit en fonction de mes réflexions. Et j’ai souvent trouvé dommage, pour ne dire que ce mot de constater, à quel point les personnes en question se laissent commander par le corps (système nerveux) et non par l’esprit (cognition).
je pense que cela viens aussi du fait de l’exemple. Nos parents agissent ainsi, les coups, les baffes, les colères, … , sont des agissements nerveux, pas intellectuellement conçus. Les autres adultes en font autant. Et c’est presque l’entière société qui fonctionne ainsi.

Ce souci, car s’en est un à mes yeux, pourrait être amoindri par une bonne éducation. Voir ses parents réfléchir avant d’agir ne pourrait être que formateur. Dire souvent à ses enfants de réfléchir avant d’agir aussi. Il y a une expression qui dit de tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de parler.

C’est un état de fait, j’en persuadé, mais je ne pense pas que cela soit dans la nature humaine.

bonne journée

2

Nos actes influencent nos idées, pas l’inverse???
Mais d’ou viennent nos actes ??? je crois que ce sont nos croyances nos convictions nos pensées nos principes qui fixent ce que nous allons faire Enfin nos idées fixent nos pensées c’est pratiquement le même principe de la PNL même si j suis un opposé à cette dernière ^^

3

Très intéressant!
Il est vrai qu’on pense d’abord a truffer notre interlocuteur d’arguments, on lui “bourre la crâne” et généralement cela ne marche pas. Tout ceci donne une toute autre manière de voir les choses c’est.. bluffant!
Merci pour cet article!

Lucas

4

Hello Felix
J’ai eu une réflexion similaire ce week-end. Le sujet : les radars automatiques sur la route. Il y a quelques années, le gouvernement a placé ces radars pour plus de sécurité et réprimander les auteurs d’excès de vitesse. Pour faire passer la pilule, de GROS panneaux les précédaient. Depuis mai 2011, le Comité interministériel de la sécurité routière a décidé qu’ils ne seraient plus obligatoires.
J’attendais cette nouvelle depuis le début. Car je pense que pour faire accepter à l’ensemble des usagers de la route de tels contrôles de vitesse, il fallait y aller progressivement : utiliser une méthode soft sans passer par un bourrage de crâne… L’absence de panneaux devait être prévue depuis le début mais maintenant que les radars sont dans le paysage routier et surtout mental des usagers, l’annonce passe comme une lettre à la Poste.

5

Hello Romain,

C’est une excellente illustration de cette article, je n’y avais absolument pas pensé. J’étais plutôt resté “bloqué” dans l’usage de cette technique par la pub et l’éducation de l’enfant. Merci !

Félix

6

Merci pour l’article. On essaie en vain de bourrer le crâne de nos enfants avec des bonjours et des s’il vous plait. Le résultat n’est pas probant.

7

Je pense que la politesse et l’éducation sont “comme tout” : il faut s’entraîner pour être bon. Si un enfant ne s’entraîne jamais (entre guillemet) à être poli, ce n’est pas la théorie (aka le bourrage de crâne) qui l’aidera.

Merci pour votre commentaire,
Félix

8

Voilà trés intéressant 😀 !
Alors Félix j’aimerais passait maitre en manipulation ( avec un entrainement régulier sa prendra combien à votre avis ? 5 ans ? 10 ans ? ) , et comme vous le dites apprendre les technique nous rendront qu’un simple bouclier alors il serait judiçieux de nous donnez beaucoup plus d’exercices sa serait bien aussi avec chaque article vient un exercice 😀

9

Je ne sais pas combien de temps il faut pour devenir un “bon” manipulateur, je ne pense pas que cela se calcule.
A propos des exercices, mon livre en est truffé ! (c’est d’ailleurs le but, peu de théorie mais beaucoup d’exercices)

10

Bonjour !

“En clair : j’agis puis j’affirme mes idées en fonction de mes actes. Pas l’inverse.”

Je pense que c’est un tout.
Quand on était petit, on a imité nos éducateurs, donc on a agit comme eux ou ressenti comme eux et c’est devenu une sorte de contrat mental aussi qui sert de référence à de nouvelles actions.
Donc une fois le contrat fait ce sont bien nos pensées qui sont devenues des croyances ou des programmes (c’est écrit avant) qui nous font faire des actes.
D’où l’impression de fatalité qui n’est autre que toutes ces habitudes de penser, de ressentir et d’agir toujours pareil, automatiquement.
Le premier manipulé c’est nous, par nous même par fidélité à nos contrats d’action. Nous nous manipulons. C’est le propre de l’être hu-main.

Enfin c’est ce que j’en conçois.
Elisandre

11

Bonjour Elisandre,

Si l’on regarde le problème de très haut, je suis d’accord avec vous. Les faits et les pensées se mélangent pour créer un tout, pour créer “une personne et toutes ses décisions”.
En s’approchant un peu, on observe que les actes ont une importance considérable dans l’influence de nos pensées. Déjà enfant, c’est en agissant, en essayant et en subissant que l’être humain apprend.
La douleur, le goût, les interdits. Toutes ces choses que l’enfant a d’abord FAIT avant même d’en avoir une quelconque idée.

La question est intéressante à étudier et je ne sais pas s’il existe une vérité absolue à ce propos, mais j’aime beaucoup cette façon de penser. Elle arrive à expliquer beaucoup de choses.

Félix

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Je suis maman d’une ado en pleine crise et ce d’autant plus que j’ai divorcé il y a longtemps mais surtout mon Papa qui jouait le rôle de père a disparu depuis 3 ans.Votre article m’a ouvert les yeux.En fait,je communique très mal avec ma fille,je fais du bourrage de crâne et c’est épuisant pour moi mais surtout ça la rends hyperagressive.Merci pour votre aide!

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Bonjour,

Ravi d’avoir pu vous être utile. Avec les adolescents, le contact n’est pas toujours facile mais je sais par expérience qu’il ne faut pas “bourrer le crâne” mais plutôt faire agir directement, comme expliqué dans l’article. Petit à petit.
Les psychologues ont un bon paquet de méthodes pour réussir justement, à faire agir l’adolescent concerné : système de récompense, mots gentils etc.

Je vous souhaite bon courage,
Félix